Naissance du mouvement organique : le renouveau artistique des années 1900

Dès la fin du 19ème siècle, des architectes de renom ont puisé dans le monde vivant les sources d’une inspiration nouvelle.
Ainsi Gaudi, en Espagne, s’appliqua à étudier la structure des végétaux et des forces agissant derrière les formes pour élaborer la dynamique plastique de ses édifices. A la même époque, le français Hector Guimard inspira de motifs végétaux pour imprimer la vie à ses structures comme on peut le voir encore sur les arcades métalliques des entrées de métro, à Paris.
« Ce qui doit avant tout être absolument évité, c’est tout ce qui est parallèle et symétrique. La nature est le plus grand architecte, et pourtant elle ne crée rien qui soit parallèle ou symétrique » (Hector Guimard).
Deux courants s’opposaient à l’orée de ce 20ème siècle.
D’un côté le réalisme, dont l’exemple le plus connu est la tour Eiffel, triomphait dans la réalisation édifices à ossature métallique dont expression visible devenait la base une nouvelle esthétique. L’Art Nouveau visait, au contraire, à affirmer l’homme créateur en face de l’industrie anonyme. Les artistes de ce courant cherchaient à imprimer au matériau une puissance expressive en l’habillant de motifs inspirés du monde végétal.
La Belgique trouve en Victor Horta, un représentant de cette nouvelle tendance : la maison du peuple, à Bruxelles, avec ses façades vitrées aux courbures vivantes exprime jusque dans le traitement des détails un langage de formes organiques.
Ce renouveau stylistique appelé aussi Jugendstil ou Modernstil voit le jour simultanément dans différents pays, de l’Espagne et de l’Italie, jusqu’aux pays nordiques, empruntant aux cultures locales leur coloration spécifique : en Ecosse avec Charles Rennie Mackintosh, en Allemagne avec Henry van de Velde, en Finlande avec Eliel Saarinen…
Aux Etats Unis, le tournant du 19e siècle est marqué par la figure de Louis Sullivan, auteur d’un des premiers gratte-ciel.
Convaincu d’une logique intrinsèque à la création des formes, il élabore un système d’ornement dont les motifs sont puisés dans le règne végétal.
Il pense que l’architecte doit s’accorder aux processus vivants de la nature parce que ces processus, ces rythmes sont essentiels, organiques, logiques au-dessus de toute logique livresque.

Considéré comme le père de l’architecture moderne il va en définir l’orientation fondamentale à travers la formule célèbre form follows function (la forme suit la fonction).